Sud Presse - Sabine embellit les maisons à vendre

Sabine de Moerloose a la double formation de graphiste et de décoratrice d'intérieur. Au départ, c'est dans la première qu'elle s'est lancée. Jusqu'à ce qu'elle voie un reportage français sur le home staging.

"En voyant ce reportage sur le home staging, qui consiste à 'embellir' une maison que l'on veut vendre", explique Sabine, 'je me suis dit que je pouvais peut-être utiliser mes connaissances en déco pour développer cette activité ici, en Belgique. Et j'ai commencé début 2008. Le démarrage a été un peu lent car les gens ne savaient pas en quoi cela consistait.

Il a donc fallu communiquer vers les agences immobilières, vers la presse, vers les particuliers,... pour faire connaître mon activité
'. 2008, c'est l'année de la crise. Et l'immobilier trinque aussi. Les maisons qui partent comme des petits pains, aux prix les plus élevés, c'est bel et bien fini. Les biens restent en vente beaucoup plus longtemps. Ce qui fait, en fin de compte, l'affaire de Sabine.

"Comme les gens ont du mal à vendre leurs biens", poursuit-elle, il faut qu'ils les différencient. Et la différence, c'est le home staging qui va la faire. "Mon travail consiste à dépersonnaliser, c'est presque le contraire du travail de décorateur. Je vais rendre l'endroit le plus neutre possible, pour attirer un maximumde personnes". Dans un premier temps, Sabine va donc 'désencombrer' l'endroit, enlever un maximum de toutes ces choses que les gens ont accumulées pendant ces années où ils ont vécu dans la maison. "Souvent, je leur conseille aussi d'enlever les plus gros meubles, qui faussent la dimension réelle de la pièce, ou de repeindre les murs...” Ensuite, elle va faire elle-même des photos, dignes de faire figurer bien des maisons dans les revues de décoration. Tout cela pour un prix variant entre 150 et 300€, selon le travail demandé et, bien sûr, selon les dimensions de la maison.

Et ce sont soit les propriétaires eux-mêmes, soit les agences immobilières qui vont faire appel à elle, parfois avant même de mettre en vente, parfois parce que le bien ne part pas assez vite.

Pour Sabine, c'est incontestable, la crise a dopé son activité. "Cela aurait fini par marcher aussi sans la crise", estime-t-elle, "parce qu'aux États-Unis et dans les pays anglo-saxons, cela existe depuis 30 ans et là, les gens n'imaginent même plus de vendre leur maison sans faire appel au home staging. Mais la crise a incontestablement accéléré son développement ici". À peu près seule sur le marché belge au départ, Sabine organise maintenant aussi des formations pour qui veut se lancer dans le homestaging. Et les candidats sont nombreux.

Sud Presse - 22 janvier 2010
Texte: MBV
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