Le Soir Magazine - Les coups de pouce du Home Staging

Une maison à vendre, un appartement neuf à placer: le home stager met de l'ordre et rend le bien plus présentable. Efficace ou illusoire ?

Un nouveau job ou une simple tendance ? Il est encore un peu tôt pour définir avec précision l'avenir du home staging. On peut en tout cas en cerner les contours par ce qu'il n'est pas: ni relooking en profondeur ni rénovation lourde ni tentative cosmétique pour cacher la misère d'un bien immobilier, du moins au dire des quelques home stagers qui commencent à apparaître en Belgique. Sabine de Moerloose est de ceux là.

Vingt-neuf ans graphiste et décoratrice d'intérieur et surtout pétrie d'idées pour remettre un bien au gout du marché. "Le home stager met le bien en valeur afin de le vendre mieux et plus vite. De plus en plus de propriétaires - mais aussi des promoteurs pour des appartements témoins ou des agences immobilières - font appel à nous pour, je dirais, créer un petit coup de coeur auprès d'un maximum d'acheteurs."

Apparemment bien entretenu

Vu ainsi, on comprend que l'opération n'est pas neutre. Le bien immobilier peut partir rapidement suite à quelques conseils et aménagements. "Il faut recréer une ambiance, désencombrer des maison souvent trop chargées, personnaliser ou dépersonnaliser pour que l'amateur puisse s'y voir, se projeter dans l'espace", résume notre home stager.

Comprenez: enlever cette foule de photos de famille, cette déco qui a fait son temps, mais aussi nettoyer, aérer, alléger, jusqu'à la porte d'entrée. "Chaque détail compte. Il faut arriver à une palette relativement neutre mais dans l'air du temps, pour séduire un acquéreur potentiel."

Evident? Pas pour tout le monde car chacun s'accroche à ses meubles. "Il faut parfois les déplacer, changer une couleur, modifier l'éclairage, jouer avec les volumes. A l'arrivée, on voit la différence!"

Rapidement formée à Paris, Sabine de Moerloose n'exerce pas encore cette activité qu'à titre complémentaire. Mais elle croit en son développement. Aux Etats-Unis, le home stager est monnaie courante depuis 30 ans. Le Canada, la Scandinavie, la France et aujourd'hui notre pays mordent à leur tour à l'hameçon. Les résultats sont probants. Elle sort son book: avant/après, une salle de bains désuète se transforme en changeant simplement un petit meuble derangement pour le linge et quelques accessoires un peu datés.

L'investissement n'est pas très élevé, quelques centaines d'euros pour repeindre un carrelage ou changer les poignées de porte. Elle ne s'oublie pas au passage: 150 à 200 euros la consultations simple; 300 à 350 euros la consultation complète avec photos et rapport détaillé sur les améliorations envisagées.

L'importance du premier coup d'oeil

Comme dans tout acte de la vie, la première impression compte beaucoup. Autant mettre toutes les chances de son côté, professent les home stagers, surtout en période de crise immobilière. "Un bien correctement entretenu inspire davantage confiance. Il faut que ce soit rangé, propre, notamment les sanitaires mais aussi les abords. Le but pour ceux qui nous appelent est de réduire la marge de négociation entre les parties pour vendre le bien à bon prix", insiste la home stager.

Elle doit parfois aménager des biens vides pour les humaniser mais plus souvent modifier un bien occupé pour augmenter les visites. Le discours est rodé, efficace, les dossiers prêts. Sabine de Moerloose a déjà bouclé une vingtaine de cas en à peine deux ans. Inutile de préciser que ce nouveau métier requiert tact et psychologie mais aussi sens de la mesure. Le but n'est pas de se lancer dans des travaux lourds et coûteux. "Je ne suis jamais chef de chantier. Je ne suis d'ailleurs pas habilitée pour le faire, intervient-elle. Je mets simplement en oeuvre mon sens créatif en évitant les dépenses inutiles."

Agrémenter, désencombrer, nettoyer, n'y aurait-il pas un brin de triche à rendre la mariée un peu plus belle? "Pas du tout, se récrie la home stager. Je mets en place un packaging de petites choses mais je ne viens jamais pour maquiller les vices cachés ou les défauts d'humidité. Je préviens toujours les propriétaires du sens exact de ma démarche. Autrement, ce serait effectivement camoufler..."

Le Soir Magazine - N°4034 - 14 octobre 2009
Texte: Bernard Meeus
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